MEET // Maribel, longboarder & gypsy soul

Depuis que je suis arrivée à Bali, je rencontre beaucoup de « free souls ». Mais Maribel, elle, est vraiment hors du commun ! Cette interview date d’il y a quelques mois, quand je venais tout juste d’arriver à Bali. J’étais encore toute intimidée par cet endroit plein de gens si libres et Maribel m’avait vraiment impressionnée par son détachement par rapport aux choses et son côté passionné par tous les trésors de la vie. Elle skate, elle yogue, elle joue de la guitare, elle met des fringues bohêmes à fleurs, elle rit tout le temps et surtout elle danse sur la vie comme sur son longboard : sans se prendre au sérieux et en profitant de chaque instant !  

Des filles comme Maribel, on n’en croise pas quarante dans une vie. C’est le genre de rencontre qui vous marque parce qu’elle vient chambouler vos points de repère et vous fait voir la vie différemment. Pour la décrire, pas de meilleurs mots que « wild and free », elle en est l’incarnation même. Pas question de lui parler d’obligation ou de contrainte, elle fait naturellement de l’instant présent sa priorité. Et ça lui va si bien. Grande, blonde, bronzée, une voix grave et un grand sourire, Maribel attire autant qu’elle fascine. Elle est à l’image de son élément, l’océan : en mouvement permanent, calme en surface mais tumultueuse en profondeur, imprévisible et à la fois pleine de bonté, chaleureuse et apaisante. Rencontre avec cette mermaid hors du commun.

Hello Maribel ! Ton parcours en quelques mots ?  

Je suis née à Pau et j’ai grandi à Biarritz, c’est là où je me sens chez moi. Je travaille dans la cuisine et fais un peu de mannequinat. Je suis passionnée par le surf, la musique et le yoga. Depuis mars dernier, je suis ambassadrice Oxbow pour mon côté baroudeuse et mon amour de l’océan. C’est une marque que j’ai beaucoup portée plus jeune, c’est un honneur de pouvoir la représenter ! Récemment, je suis venue m’installer au Vietnam avec mon copain ce qui me permet de profiter de l’accessibilité du voyage en Asie, approfondir mon niveau en surf et sortir des sentiers battus. Je reviens d’ailleurs d’un surf trip incroyable sur Java.

Raconte-nous !

C’était dingue ! Java ne vend évidemment pas autant de rêve que Bali mais le côté sympa c’est que l’on trouve encore des spots très peu fréquentés par les touristes. L’accès d’un spot à un autre est plus difficile et prend parfois beaucoup de temps. Ça prend des heures et quelques bus pour se rendre d’un point à un autre. D’autant plus que j’aime les prendre “locaux” histoire de me confronter à ce que vivent la plupart des javanais en mouvement. Côté surf, c’était vraiment une bonne surprise par rapport à la non surpopulation des spots, et surtout au nombre de spots méconnus.

Es-tu sortie des sentiers battus ?

Oui ! Un pote m’a proposé de partir à l’aventure sur un spot dont, par respect, je ne citerai pas le nom. Il a fallu deux trajets en bus de plusieurs heures, de l’attente au milieu de nulle part et de la nuit, et un troisième en minibus pour arriver le lendemain matin (un peu cassées je l’avoue) dans un village perdu. Ensuite, on a dû traverser une rivière accompagnées par une douce pluie tropicale (rire) avec les boards bags et les sacs-à-dos, avant de marcher environ 2 kilomètres pour arriver finalement sur un petit spot paradisiaque avec seulement des pêcheurs et des crabes. Devant nous, une gauche parfaite sur le reef !

On a campé pendant deux semaines, on se lavait grâce à l’eau puisée au fond d’un puit ou dans la rivière dans la jungle, on mangeait du poisson grillé tous les jours. C’était le paradis mais c’était rude aussi, ce qui nous a fait reconsidérer nos notions du confort. Dans ces conditions, tu es vite dans l’émotion, bouleversé par la beauté de la nature et de sa destruction par la pollution humaine. Mais aussi, tu mérites ton surf. Il faut marcher sur le reef (oubli des chaussons), c’est très raide et creux, il faut attendre les bonnes marées. Tu te rappelles que le surf est un sport de méritant, « pas de bras pas de chocolat » comme on dit et tu peux vite te retrouver avec des trous dans la peau à cause du reef. L’entrée à l’eau est minutieuse et la sortie risquée. Tous tes sens sont alors exacerbés et ta concentration à son apogée. (rire)

Comment prépares-tu tes surf trips ?  

Je ne prépare pas tellement, j’aime bien voir sur le moment. Je suis beaucoup dans l’instant présent, assez impulsive donc je fais en fonction de ce que je ressens, des gens que je rencontre et de ce qui m’inspire. Même si ça devient de plus en plus difficile, j’aime comme tout le monde trouver des spots inconnus ou méconnus, où l’on peut éviter la foule. Je préfère d’ailleurs partir sur des périodes moins bonnes pour les conditions pour avoir moins de monde sur place. Sur le spot c’est pareil, je préfère prendre les moins bonnes vagues un peu à l’écart qu’être au milieu de la foule entre ceux qui attendent, ceux qui remontent, ceux qui braquent ! Certains de mes spots préférés sont assez saturés à certains moments de l’année, comme sur les Philippines. J’ai vraiment adoré ce pays, la bonté des gens, leur hospitalité. Les vagues y sont incroyables et l’eau translucide. On est bien en Indo également… Mais c’est à la maison (Pays basque) que je me sens le mieux à l’eau. Le choix est large et les potes sont souvent à côté !

Ton truc, c’est le longboard. Qu’est-ce que tu aimes dans ce sport ?

J’aime que le temps s’arrête. Il n’y a plus d’obligation, de pression sociale, de devoir, plus rien n’existe. Même parfois les amis, la famille : il y a l’océan et toi. C’est la seule activité qui me permette de lâcher mon cerveau pour de bon et pour quelques heures, c’est une sensation unique. En termes de surf, je trouve que le longboard te donne le temps de regarder autour de toi, d’avoir une meilleure lecture de vague tout en pouvant prendre pas mal de vitesse, revenir près de la mousse, repartir, faire des petits pas… Le longboard me laisse le temps d’appréhender les choses et parfois les choses se passent naturellement, sans calculs. Tout à l’heure par exemple j’ai passé un moment parfait. J’ai réussi à marcher en pas croisés jusqu’au nose, me retourner, repartir et finir la vague en switch sans tomber (et certainement sans style aussi ! rire). Ce n’était vraiment pas prévu et malheureusement trop rare encore ! Cela n’arrivera certainement pas demain à nouveau mais ce moment était spontané et étonnant, il m’a rendu la session magique !

Ta tenue fétiche pour surfer ?

Le maillot une pièce Daisy noir d’Oxbow : il galbe et tient bien ! Il est vraiment top pour surfer ! Tôt le matin, j’aime mettre le top en néoprène par dessus, il tient chaud et quand le soleil se lève, tu peux toujours l’ouvrir !

As-tu un mantra ou une philosophie de vie que tu appliques au quotidien ?

Il y a un documentaire sur Bob Dylan qui s’appelle « don’t look back », le film est top et ces trois mots m’inspirent beaucoup. Je suis absolument fan de cet artiste, de son écriture, son talent, son détachement vis-à-vis de ce qui semble primordial pour la plupart des gens.

Côté surf, j’aime bien me dire qu’il n’y a pas de mauvaises conditions, que des mauvais surfeurs. (rire) Parfois, ça a l’air pourri, tu te motives, tu rentres dans l’eau et effectivement les vagues ne sont pas top mais tu passes une super bonne session parce que c’est drôle, que tu te forces à sortir de ta zone de confort de vagues parfaites, tu en chies plus qu’à l’ordinaire et tu te dépasses en apprenant de nouvelles choses. La fois d’après, tu apprécies d’autant plus ta session et profites de pouvoir te concentrer sur ce que tu veux faire sur la vague ! Et puis, il ne faudrait pas oublier qu’on est quand même là pour s’amuser et pas pour scorer à chaques fois.

Un petit message à faire passer ?

Oui, j’aimerai mettre en avant un compte Instagram que j’aime beaucoup (parmi tants d’autres) : @take3forthesea. C’est un concept qui propose de récupérer trois déchets qu’on peut trouver sur son chemin ou bien dans l’eau. Tout le monde est en mesure d’accomplir ça et je pense que c’est le minimum que l’on puisse faire. J’aimerai inciter tous les surfeurs à faire plus attention : s’il y a une poche plastique qui traîne dans l’eau, il est facile de l’attacher à son leash ou de mettre un emballage dans la poche du board short… Quand on ne sait pas quoi faire, on peut toujours commencer par là !

Maribel sur Instagram // Oxbox ELLE sur Instagram 

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